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L’ETHIQUE DE LA PSYCHANALYSE

écrire à l'auteur A. S. Cohen, Champ Freudien

La psychanalyse c’est la psychiatrie. Comment en lisant les deux premières hypothèses de PARMENIDE nous pouvons différencier DIEU, de la PSYCHANALYSE.


Je dois à Bernard ROBELLET le fait d’avoir écrit « quelques principes élémentaires sur l’éthique de la psychanalyse ». Ce texte, parmi d’autres, va nous servir à écrire un code de déontologie pour la SPCF.

Il s’agit là, d’une invitation pour chacun, à s’exprimer sur cette question.

J’en suis venu à reprendre la définition que J. LACAN donne du psychanalyste dans TELEVISION. Le psychanalyste c’est un SAINT, mais un Saint qui ne fait pas la charité. Il décharite pour être la cause du désir du sujet de l’inconscient.

C’est à ne pas parvenir à être un Saint bien sûr, que le psychanalyste crée des effets de SAINT…

C’est peut-être là la sortie du discours capitaliste, caractérisé par cette fameuse plus value que J. LACAN traduit par le « plus de jouir ».

« Plus on est de Saints, plus on rit ». Cela sonne comme une bonne blague faite aux capitalistes de tout genre, qui ont le culot de tout gérer et qui ont le culot maintenant de s’attaquer aux hôpitaux y compris psychiatriques. Rentabiliser le soin, voilà leur mot d’ordre. Comme si soigner un patient pouvait être rentable ! Et en plus, en psychiatrie !

Le Saint, ça nous parle, à cause de l’homonymie bien connue, saint, sein, mes deux seins. Non, un seul sein suffit pour le désir.

Comme un seul miracle suffit pour canoniser un pape d’origine polonaise qui a beaucoup intéressé PH. SOLLERS, je veux parler de Jean-Paul II.

J’ai dit en rigolant, qu’à ce rythme là, il y a longtemps que les Saints psychanalystes auraient dû avoir leur auréole.

Mais, trêve de plaisanterie, reprenons la formule :

Psychanalyste = Un Saint

Et faisons-la jouer sur le clavier de la langue.

Le psy est un thérapeute de la souffrance psychique. Il ne psychiatrise pas. Il ne médicalise pas. Il ne donne pas de médicaments en pensant qu’ils ont un tropisme sur les substances chimiques du cerveau.

Il démédicalise,

Il dépsychiatrise.

Il désordonne la prescription de médicaments

et ce faisant,

Il empêche le patient de « se droguer aux médicaments ».

Nous connaissons la façon paradoxale dont le PSY prescrit : Il dit littéralement que le médicament c’est lui, c’est la relation entre lui et le patient. Il prescrit un traitement médicamenteux en invitant le patient à s’en passer.

Bref, il n’y a pas de traitement médicamenteux de la folie, et c’est sur ce paradoxe que se fonde la relation PSY / Patients.

C’est à ce prix que le patient accepte régulièrement pendant des années de venir lui raconter ses petites histoires.

C’est le Princeps – L’effet 1er . Ça n’empêche pas les effets secondaires de tout ordre.

C’est dans cet esprit que les PSY ont travaillé ces 40 dernières années dans le champ de la psychiatrie publique et autour.

Il semble que la destruction des services publics, au nom de la rentabilité, remet en cause cette pratique au sein d’un champ reconstitué qui exclut désir, temporalité, le plaisir de la rencontre, l’amour, le délire, … considérés comme non rentables. Tant mieux !

Laissons là ce champ reconstitué comme coquille vide et portons notre discours ailleurs. C’est le sens entre autre de la société psychanalyste du champ Freudien. Continuons notre travail de thérapeute de l’inconscient en son SEIN.

Effet thérapeutique et effet de Saint c’est la même chose :

La psychanalyse, c’est la psychiatrie.

Et DIEU dans tout cela ?

Comme dirait J. CHANCEL, faisons la radioscopie du psychanalyste.

Je ne cesserai d’éclairer cette question dans les années à venir. Mon amour peut-être pour les mystiques ? J’en parle souvent et, vous savez pourquoi. Mais pour l’éclairer aujourd’hui, j’ai choisi le PARMENIDE – La rencontre de SOCRATE le jeune et de PARMENIDE le vieux, dans la Grèce Antique, mais, racontée plus de 50 ans après par PLATON qui l’avait entendue de (un certain CEPHALE). A cette époque, le bouche à oreilles et la mémoire fonctionnaient mieux qu’un magnétophone.

Voyons les deux hypothèses du PARMENIDE

1ère hypothèse : Si l’un existe, qu’en résulte-t-il ?

« Si l’un existe, ils ne sauraient être plusieurs, ni avoir des parties et être un tout. Il n’aura donc ni commencement, ni fin, ni milieu. Il est par suite illimité. Etant illimité, il est sans figure, parce que toute figure a des parties. Etant tel, il est nulle part…

Il n’est ni plus vieux, ni plus jeune, ni du même âge que lui-même et qu’un autre. Plus vieux ou plus jeune, il serait inégal, du même âge, il serait égal.

Il n’est donc pas dans le temps puisqu’une chose qui est dans le temps doit devenir toujours plus vieille qu’elle-même et on ne peut pas dire qu’il a été, ni qu’il est, ni qu’il sera.

Comme ce sont là les seules manières de participer à l’être, il en faut conclure que l’Un n’est pas. Or, s’il n’est pas, il n’est pas l’Un et il ne peut être ni connu, ni nommé. Nous aboutissons à l’Absurde. »

En lisant ce texte, je suis frappé par ce « Un » dont il est question. Il correspond à l’idée que se faisaient les juifs de Dieu, puis les catholiques par la suite.

Un Dieu, unique. Dieu est Un. Un Dieu sans figure, un Dieu innommable que les noms de Dieux ne peuvent pas représenter.

L’hypothèse de l’absurde de ce Dieu débouche sur la Croyance.

L’homme qui croit en Dieu ne se pose jamais la question de l’existence de Dieu.

2ème hypothèse : Si l’un est, il participe de l’Être, qu’en résulte t-il ?

« Si l’Un est, il participe de l’Être, il s’ensuit que l’Un a des parties, l’Un est l’Être et qu’il est un tout. Chacune de ses parties contient encore l’Un et Être, ainsi de suite à l’infini, en sorte que l’Un est une pluralité infinie…

L’Un est en mouvement et en repos. Etant en lui-même, il reste à la même place. Il est donc toujours au repos, en tant qu’il est dans un autre, il est en mouvement. »

C’est dans ce contexte que nous pouvons apprécier le mouvement des idées de l’Homme immobile, et apprécier leurs Aspects infinis.

Nous sommes là, dans cette deuxième hypothèse dans la situation psychanalytique.

Vous en doutez ?

Je vous apporte encore une preuve supplémentaire : La question de la temporalité.

« Mais parce que l’Un participe du temps, on peut dire qu’il est, qu’il a été, qu’il sera, qu’il y a quelque chose à lui et de lui, qu’il peut-être nommé et connu »

Je ne vois, par-là, meilleure définition de l’inconscient. Là où c’était, je peux advenir comme sujet nommé et connu.

En articulant dans un effort de symbolisation, le sujet se construit un avenir.

C’est très important d’avoir un avenir dans la vie. Nos parents nous l’ont appris. Cela laisse de l’espoir et devrait interroger les tenants du « ici et maintenant », de la vie au présent ou bien, ceux qui ne veulent pas considérer leur passé de peur de passéisme ou de perdre le moral. Avancer, aller de l’avant, vers un futur d’autant plus qu’il s’éloigne, suppose des espaces de passage, de transition, que seule la psychanalyse revendique aujourd’hui.

J’en appelle à un retour à la grammaire !

A.S.COHEN